À l’un des autres bouts du monde, Taïwan

Voici quelques nouvelles de Taipei.

Il n’y a que 130 km entre Taïwan et la Chine, donc nous sommes aux premières loges pour voir l’évolution du virus qui se propage maintenant à travers le monde.

Depuis mi-janvier, et l’annonce officielle de la Chine de la présence du Covid-19, Taïwan a interdit l’entrée à tout ressortissant de Chine continentale, ainsi qu’aux passagers ayant transité en Chine.

Chaque année, des millions de Chinois visitent Taïwan et il y a de fortes relations commerciales entre Taïwan et la Chine, mais depuis le début de l’année, la circulation des personnes est très restreinte.

Les contrôles médicaux aux aéroports ont été renforcés, avec l’utilisation de caméras thermiques pour détecter tout passager suspect.

Ces mesures ont été étendues aux principaux centres commerciaux ainsi qu’à tous les bâtiments officiels.
Pour rentrer dans mon institut, tous les matins je dois passer un contrôle de température, et me nettoyer les mains avant de pouvoir rentrer.

Le port du masque a été récemment rendu obligatoire dans tous les transports en communs (bus, trains, TGV et taxis) ainsi que dans les restaurants (on n’enlève le masque que pour manger).

Dans certains restaurants, ils ont placé des vitres en plexiglas pour isoler chaque personne à table, et éviter les projections non désirées (à moins que ce soit pour éviter que le voisin ne se serve dans votre assiette).

Les résultats sont là : il y a moins de 375 cas sur l’île, dont 57 patients soignés. Ce nombre est en forte augmentation depuis le 15 mars, mais quasiment tous les cas sont des cas étrangers détectés à l’aéroport, avec au total moins de 50 contaminations autochtones depuis le début de l’épidémie en janvier (pour la plupart des personnes asymptomatiques qui n’ont pas respecté la quarantaine imposée depuis mi-mars).

Tous les commerces sont ouverts, tous les restaurants aussi. Les marchés de nuit tournent à plein régime (au grand dam des pouvoirs publics qui redoutent une explosion du nombre de cas).

Certaines entreprises encouragent le télé-travail, comme à mon labo. Mais je suis plus efficace à mon bureau, et je suis plus souvent en contact avec un ordinateur qu’avec un collègue.

Depuis mi-mars, nous avons aussi emménagé dans un nouvel appartement avec Kurara, donc même si nous avions la possibilité de sortir, il y avait quelques cartons qui nous incitaient à rester dans l’appartement.

Les précédents occupants étaient des célibataires endurcis qui ne doivent pas savoir épeler le mot « nettoyer », et le ménage de l’appartement nous a aussi tenus bien occupés pendant quelques soirées après le boulot.

Bref, tout se passe bien par ici, et malgré une météo assez pluvieuse et des températures de 10 degrés inférieures aux moyennes de saison.

Nous pensons très fort à vous.

Cédric & Kurara

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